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Les Maréchaux du Ier Empire (2005)

Pièce maîtresse de la série de toiles consacrées à Napoléon, son exécution à l'huile m'a demandé prés de 500 heures de travail. C'est une synthèse de plusieurs années de passion pour l'histoire et de leur traduction en trompe l'œil, occasion rêvée de représenter les 26 maréchaux dans leurs  postures et uniformes plus ou moins célèbres, du moins les plus représentatifs.

Toute la construction est basée sur une perspective simple, centrale,  renforcée par la lumière dont les rayons sont renvoyés vers le spectateur. 

La disposition des ( nombreux ) personnages est davantage complexe pour 4 raisons essentielles :

  • d'abord l'étagère,  pour laquelle je me suis inspiré d'une partie de la bibliothèque de l'Impératrice à Malmaison, ne gardant que la structure centrale, les colonnes et dorures caractéristiques du mobilier style "Empire" sur le pourtour.
  • le choix de mettre des cavaliers, certaines figures sont naturellement indissociablement liées au cheval et là, les choses se corsent. L'adoption d'une bonne échelle de représentation, le 90 mm, (afin de peindre le plus fidèlement possible les visages, les costumes et même les aigles sur les bâtons de maréchaux ) génère des cavaliers assez imposants et limite inévitablement leur nombre... 
  • le choix cornélien entre la disposition alphabétique ( discutable si l'on considère que parmi les plus célèbres:  MURAT et NEY se retrouvent côte à côte 18ème et 19ème et donc nécessairement dans un coin trop mis en évidence),
  • et ( et non des moindres ), l'ordre d'importance et de leur célébrité. Tous furent des braves, mais n'eurent pas les mêmes commandements, talents ou encore loyauté envers l'Empereur.

Comtes, ducs, princes et même roi, les titres et gratifications foisonnent et sont autant de sources d'inspiration pour qui veut entreprendre le marathon de leur représentation.

Ajoutons enfin une recherche esthétique omniprésente dans les attitudes et une étude des couleurs à travers la répartition des valeurs chaudes et froides et, face à ce maelström, nous irons nous coucher, histoire que tout cela décante un peu ! 

De gauche à droite

partie supérieure:

1-AUGEREAU, 2-BERNADOTTE, 3-BERTHIER, 4-BRUNE, 5-DAVOUT, 6-GROUCHY, 7-LEFÈVRE, 8-MASSÉNA, 9-JOURDAN, 10-KELLERMANN

partie centrale:

11-GOUVION-SAINT-CYR, 12-PONIATOWSKI, 13-MONCEY, 14-MURAT, 15-LANNES, 16-BESSIÈRES

partie inférieure:

17-MORTIER, 18-MACDONALD, 19-PERRIGNON, 20-NEY, 21-OUDINOT, 22-MARMONT, 23-SERRURIER, 24-SOULT, 25-SUCHET, 26-VICTOR

 

Cela donne notamment sur l'axe médian vertical la présence de DAVOUT, MURAT le flamboyant au centre et NEY

...dans sa célèbre attitude,  se couvrant de gloire, fusil à la main, durant la tragédie de 1812 mais aussi BERTHIER et MASSÉNA...

...LANNES et PONIATOWSKI  placés de manière symétrique en raison de leurs fonctions ou de leur célébrité. De manière plus  asymétrique, mais toujours avec la même logique : GOUVION et SUCHET ( tous deux brillants tacticiens et ayant tardivement accédé au maréchalat) apparaissent sur un axe qui coupe au centre l'axe entre MORTIER

 et BESSIÈRES (commandant respectivement l'infanterie et la cavalerie de la Garde Impériale).

Un autre exemple d'équilibre réside par la robe blanche des chevaux sans que cela devienne trop évident. Une composition trop bien agencée deviendrait fade.

Un autre détail dans cette disposition fait apparaître BERNADOTTE...

et MARMONT,

les regards tournés vers l'extérieur du tableau ... tout deux  tentés par la trahison .

La documentation doit être très précise, le choix est ici énorme et il n'est pas toujours évident de s'y retrouver. Le dictionnaire de Pierre Jourquin m'a servi de base, et les fascicules Atlas m'ont servi de repères ( la collection des figurines du Premier Empire aux éditions Hachette n'était hélas pas encore sortie...). Bien qu'ayant lu la plupart des biographies représentées dans la partie centrale du tableau et consulté une cinquantaine de revues, je dois reconnaître que certains sites web m'ont été d'une aide précieuse. Afin d'être précis dans la peinture des visages, j'ai affiché en macro chaque figure sur mon écran pc avant de définir les grandes caractéristiques propres à la physionomie de chacun ( le nez aquilin d'AUGEREAU, le regard perçant de BERNADOTTE  ou l'expression implacable de DAVOUT ...).

La peinture des tranches de livres dans la partie centrale sert à "anoblir" l'ensemble du tableau. La couleur verte utilisée calme la mise en scène et permet, avec les ombres renforcées vers le bas de mettre davantage en évidence les personnages placés devant.

Tous les livres sont des biographies sauf un seul: "Napoléon et la trahison des maréchaux, 1814" justement placé de manière bancale et formant ainsi avec 2 autres livres le "N" de Napoléon, le tout positionné selon la théorie du nombre d'or.  

Derrière la statue équestre de MURAT (célèbre ici en roi de Naples), on remarquera le nom du grand spécialiste français de la période Jean Tulard, au centre du tableau.

L'attention peut être portée sur le détail de certains livres sur lesquels apparaissent les blasons en or des maréchaux les plus connus.

Les dorures sont de fait très présentes, une dizaine de teintes sont nécessaires pour les réaliser et surtout une bonne dose de patience ne serait-ce que pour les quelques 600 caractères pour les titres sur les livres ( des plans préparatoires sont très recommandés).  La lumière portée sur les  livres épouse bien évidemment le bombé de chaque tranche .

La frise de la partie supérieure du tableau ( plusieurs dizaines d'heures de travail parfois monotone) a été réalisée en priorité avant de s'attaquer à la peinture  passionnante des figurines et de retrouver le moral !  

Plus généralement, j'ai voulu jonglé entre dynamisme de la mise en scène et certains impératifs statiques propres à la noblesse du sujet. La hauteur de chaque socle revêt une importance dans la mise en scène de chaque personnage.

Au final, mon but était d'établir un compromis dans une création à la fois décorative et la plus fidèle possible devant la curiosité des amateurs d'histoire. 

Merci d'avoir partagé avec moi cet intérêt.

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