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La Conquête de l'Ouest (2007)

J'ai cru ne jamais pouvoir établir la synthèse entre la peinture et ma grande passion pour l'histoire américaine jusqu'à ce que la réalisation de mon auto-portrait (2006) me permette enfin d'intégrer sans complexe des sujets "western" dans une composition. Autant dire qu'il aura fallu attendre prés de 20 ans depuis  mon premier portrait de John Wayne. La série sur Napoléon présente les mêmes exigences mais sur un thème français bien plus accessible lié au patrimoine et à  l'actualité du bicentenaire. Du moins, c'est ce que je pensais, il fallait simplement oser et surtout prendre le temps de trouver enfin le sujet digne d'intérêt. Il n'est pas question de faire toute une série, une pièce unique me suffit sachant que le sujet pittoresque est à la fois général et complexe tant il impose une bonne approche de la question.

L'image classique du Far-West renvoie aux cow-boys et aux indiens, aux jeux de notre enfance, à l'épopée qui couvrit essentiellement le XIXe siècle et dont les dérives furent souvent corrigées par Hollywood. Le compromis entre imagerie d'Épinal, chevauchée et rigueur historique était de mise. Il restait à sélectionner un ensemble cohérent  susceptible de représenter cet idéal. 

J'ai toujours adoré peindre les chevaux, étant fasciné par les peintres américains du XIXe siècle ( Miller, Catlin, Russel, Remington ...) La reproduction du  tableau "l'Attaque" de Frédéric Remington  sert ici véritablement de toile de fond au côté épique de l'ensemble.

 Là aussi, figure la représentation d'une oeuvre de Remington. Le rodéo caractérise bien évidemment l'archétype du cow-boy. Techniquement, cette sculpture équestre très aérienne sert ici de colonne vertébrale à l'ensemble du tableau, d'élément fédérateur redistribuant de bas en haut tous les éléments de la composition rendue  ainsi dynamique.

Troisième élément fondamental, le héros hollywoodien ( et une de mes idoles) : John Wayne d'après une photo tirée du film "les Comancheros" (1962) dans une mise en scène étudiée, mettant l'accent sur l'ambiguïté du rapport entre son regard soupçonneux et la statue équestre. La distance entre ces deux éléments est calculée en fonction du champ de vision de John Wayne mais aussi en tenant compte de la place et de la taille de son portrait sur l'ensemble du futur tableau.

Une autre ambiguïté de rapport image/objet apparaît entre l'attitude de John Wayne et le verre à Whisky mis en évidence par la main de l'acteur.

La boucle du ceinturon est propre à l'acteur qui la portait dans ses plus grands films. Il y figure notamment le "D" de DUNSON : un des rôles majeurs de John Wayne en patron implaccable et personnage central du film La rivière rouge. Les deux courbes évoquent la rivière près de laquelle le ranch va prospérer.

John Wayne s'appelait en réalité Marion Morrison. Le prénom plus viril "John" lui avait été donné par son ami le réalisateur John Ford. Le nom de "Wayne" vient du général Anthony Wayne, héros de la guerre d'Indépendance américaine ...

 La présence en haut, à droite, de l'illustration d'un train immobilisé par un troupeau de bisons traduit l'avancée d'une civilisation au dépens d'un paradigme sauvage bientôt condamné.

Dernier élément constitutif de l'épopée et sans doute situé de la manière la plus inattendue: l'évocation de la célébrissime bataille de Little Big Horn ( 25 juin 1876) qui vit l'anéantissement de la majeure partie du 7e de Cavalerie sous les ordres du fameux Custer par la coalition Sioux-Cheyennes emmenée par Sitting Bull, Gall, Black Moon ... et surtout Crazy Horse.  

Les pattes postérieures de la statue équestre ( élément statique mais de premier plan ) donnent davantage de profondeur à une petite mise en scène pleine de fureur. Une autre ambiguïté apparaît entre le soldat tirant à la carabine et les pattes de la statue qui semblent ainsi lui servir de protection.

 La partie inférieure du tableau est plus conventionnelle avec les caractéristiques techniques d'une perspective centrale, pointée par deux ensembles assez denses de livres, dvd et verres.

L'équilibre est encore établi grâce à une mise en scène réalisée autour des verres .

A gauche, un ensemble très dense avec 14 objets dans une gamme plus monochrome ( simplement contre-balancée par un petit rapport basique de couleurs complémentaires vert/rouge permettant de détacher la carafe de l'ensemble des dvd ) montre des références célèbres de westerns et un verre à Whisky pour inviter le spectateur à "rentrer" dans le sujet.

 A droite, l'ensemble plus vertical, avec seulement 5 objets, a autant d'importance visuelle grâce à cette disposition aérée. Le verre vide, (sans doute le spectateur s'est-il remis de ses émotions ????) et la figurine du Mexicain ( clin d'œil à Lucky Luke et contre poids humoristique à un ensemble jusqu'alors trop sérieux ) ont pour but de terminer la visite.

Tous ces éléments assez hétéroclites de la composition se chevauchent afin de de recréer un ensemble cohérent et uni autour d'une perspective centrale. 

Une dernière précision sur l'équilibre de la composition: si le bleu domine et se répartit assez uniformément, la couleur rouge est placée de manière pyramidale afin de souligner la dynamique générale précédemment définie.

Au final, une toile très personnelle dont la réalisation passionnante ( 300 heures de travail ) me permet d'aborder plus sereinement d'autres horizons...

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